Alors que les applications iPhone pullulent et qu’Apple annonce 1 milliard d’applications téléchargées, beaucoup de marques cherchent à être pertinentes et à créer de la valeur pour les consommateurs via ce nouvel outil mobile “sexy”, qui émoustille beaucoup les gestionnaires de marques et les agences de pub. Le hic est que la plupart de ces applications “brandées” finissent dans les méandres du App store, ou bien encore dans les meilleurs cas, après un buzz initial et un nombre de téléchargements considérable, le consommateur mobile ne renouvelle pas l’expérience et il n’y a pas de récurrence dans l’utilisation de l’application, ce qui remet en cause l’investissement dans une telle stratégie mobile.
Une des raisons d’échec est le peu de valeur véhiculée par l’application et le manque de contextualisation. En effet, le côté nombriliste dû à la déformation professionnelle (et l’amour démesuré pour leur marque), de la plupart des gestionnaires fait qu’ils pensent que tout le monde va se ruer sur l’application parce que leur marque a de plus beaux yeux et un meilleur profil que ceux du voisin ! Concernant le mobile, je le dis et répète souvent…Il faut donner pour recevoir ! D’ailleurs, les applications “brandées” qui marchent sont celles qui ont compris cette règle et qui ont également considéré les spécificités du mobile notamment avec la contextualisation géographique.
Par ailleurs, les idées d’application les plus innovantes ne proviennent pas nécessairement des marques. Le groupe de musique NIN (Nine inch nails) ne croit pas au marketing traditionnel (ou plutôt ne croit pas au marketing tout court) et dans cette industrie de la musique agonisante, il se démarque en mettant en place des idées émergentes. NIN avait déjà misé sur un ARG (Alternate Reality Game ), un jeu multicanaux avec une narration interactive mêlant le réel et la fiction avec du contenu généré par les utilisateurs. Le ARG Year Zero de NIN avait été utilisé pour le lancement d’un album et avait eu une retombée médiatique considérable, en plus de créer une expérience unique pour les fans du groupe.

Voila que NIN lance son application iPhone , mais le groupe ne se contente pas de “pousser” son contenu.
Au contraire,l’application devient une plateforme sociale où les fans peuvent échanger et nouer des liens autour de NIN. L’objectif ultime étant de créer une “tribu mobile” NIN où l’intérêt est d’aller au-delà d’une relation bidirectionnelle entre les fans et NIN, mais plutôt créer un espace avec des relations multidirectionnelles où le liant social est le groupe NIN. D’ailleurs, grâce à un mashup de Google Earth, et à la géolocalisation, la tribu mobile NIN peut se définir localement. (voir la vidéo ci-dessous pour voir toutes les possibilités de l’application).
Cependant, mauvaise nouvelle (ou bonne si on considère le buzz que cela a engendré) car l’application est pour l’instant bannie par Apple à cause d’une chanson à contenu “offensant” (je vous parie que les fans n’hésiteront pas à “jailbreaker” leur iPhone pour avoir accès à l’application).
Ok, d’accord je vous le concède, ce ne sont pas toutes les marques qui ont le potentiel de pouvoir faire du marketing tribal, et qui ont les caractéristiques d’une marque “community-able” . Cependant, il ne faut pas oublier que c’est l’aspect social d’une application iPhone qui peut lui conférer de la récurrence et ce qu’on appelle en bon français le “stickiness”.
Moralité de l’histoire, si vous voulez absolument votre application iPhone, misez sur les leviers sociaux de votre marque et sur les caractéristiques et spécificités du mobile, tout en considérant les attentes et les besoins de vos consommateurs mobiles…Bref, faites un exercice de planification de marketing mobile afin d’obtenir le meilleur rendement.









May 8th, 2009 at 08:34
Je trouve qu’il y a beaucoup d’applications sur i-phone qui sont soit inutiles soit pas assez perfectionnées pour être pratiques. Mais il y en a quelques unes que j’aime bien et que j’utilise fréquemment soit pour m’informer, soit pour me divertir. Voici mon top 5:
1- WikiTap
2- Globe and Mail
3- New York Times
4- Shazam
5- Midomi
May 8th, 2009 at 11:17
Intéressant et bien écrit ton billet Yasha, tx
Je suis pas surprise que les tentatives les plus innovantes ne viennent pas des gros joueurs dans ce cas-ci, c le propre de tout phénomène qualifié d’une forme d’émergence que d’émerger de l’underground…;-)
J’aime beaucoup l’exemple que tu cites et la notion de: 1 individu appartient à plusieurs ‘tribus thématiques’ ouvertes mais centrées sur 1 intérêt/sujet/groupe here&now (instantané; géolocalisé)…ça va dans le sens de nous permettre d’aller enfin au delà de 1 individu que chaque réseau social essaye d’enfermer/d’aller au delà de chercher LE réseau qui peut répondre à TOUS les besoins…vers des intersections ‘instantanées’ sous forme de micro-réseaux thématiques créés on-the-fly…le temps d’un fad…since buzzword exchange is inherently social…il y a un beau lien à faire entre ton billet et le dernier de Sébastien Provencher “I have seen the future of local media” (http://blogs.praized.com/seb/business-models/i-have-seen-the-future-of-local-media/) avec la notion clé de real-time search integration pour laquelle il cite à juste titre Robert Scoble, qui souligne que la clé qui nous manque encore, c’est d’arriver à bien maîtriser le metadata expérientiel.
May 8th, 2009 at 12:35
Bien d’accord avec toi Anto. Parmi mes préférées :
1 – Canpages
2- Monkey Ball
3- SnapTell
4- PandoraBox
5- Ego
et les icontournables : Tweetie, Last.fm, Shazam et FB
May 8th, 2009 at 15:03
Merci Sandrine pour ton commentaire super intéressant. Effectivement, il est clair que le mobile est au centre du real-time search. D’ailleurs, grâce au mobile, on est au sommet de l’expérience de consommation contextualisée. Dans ce cas, il est vrai qu’un réseau informel éphémère peut naître afin de contribuer au processus décisionnel du consommateur (recherche d’information, évaluation des options et l’évaluation post-achat). Par contre, je pense que ces réseaux éphémères qui gravitent autour d’une expérience de consommation ponctuelle sont un complément de notre réseau social bien établi et pérenne (les “vrais amis” dans Facebook par exemple). D’ailleurs, ces réseaux éphémères se distinguent aussi des tribus de consommation où l’implication envers l’activité/passion et la marque est beaucoup plus grande ainsi que les liens sociaux qui en découlent (“marketing de passions”).
May 8th, 2009 at 17:56
*Clairement complémentaires!
*Selon moi les micro-réseaux thématiques attireraient des clientèles différentes des apple ou Harley neo-tribes
tx!
July 13th, 2009 at 22:38
[...] frénésie entourant les applications iPhone et les quelques 50 000 applications existantes, et le milliard de téléchargements dépassé [...]