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Il y a eu de nombreux articles et billets pour souligner la contribution du marketing interactif au succès de Barack Obama. Notamment, un “white paper” du groupe Edelman décortique en partie les raisons de cette stratégie gagnante. Les gens de l’industrie du marketing mobile citent en exemple l’efficacité redoutable des stratégies mobiles de l’équipe Obama et ce dernier a même été nommé “mobile marketer” de l’année 2008. Selon Nielson mobile, la campagne SMS marketing de Barack Obama pour annoncer son choix de VP est la plus large de l’histoire du mobile en Amérique du nord avec quelques 2,9 millions de SMS envoyés pour annoncer la nomination de Joe Biden.
Les stratèges mobiles de l’équipe d’Obama ont utilisé avec brio tous les outils qu’offre ce canal. Avant tout, il faut préciser que le mobile a été considéré dans la stratégie globale en étant intégré à l’ensemble de la campagne (online et offline) dès le départ avec
la constitution d’une base de données de près de 3 millions d’électeurs engagés (recevant de 5 à 20 messages texte par semaine selon la cible). Le mobile n’a donc pas été utilisé comme un truc sympa qu’il faut avoir dans son mix média et qui tombe comme un cheveu sur la soupe parce qu’il n’est pas intégré !

Même s’il y a eu quelques ratés au début, notamment avec la campagne de ringtones , le mobile a été utilisé dans une optique long terme avec une excellente adéquation entre l’objectif, la cible et l’outil utilisé. Par exemple, une segmentation permettait de varier la fréquence des messages et le contenu du message. De plus, le ton utilisé dans les communications mobiles était différent des autres médias, celui-ci se distinguait par l’aspect personnel et personnalisé caractéristique du mobile mais aussi par sa simplicité.
Voici brièvement les étapes clés avec quelques initiatives de marketing mobile utilisées par l’équipe d’Obama :
- Attirer les électeurs notamment en diffusant du contenu exclusif en primeur (sonneries, wallpaper, infos, idées sur le programme et surtout l’annonce du VP par message texte avant toute autre diffusion publique, ce qui a permis d’augmenter la masse dans la base de données opt-in).

- Engager en faisant du mobile un levier de participation en jouant notamment sur l’aspect instantané (annonce d’événements locaux ciblés, flashmobs). L’électeur mobile était ainsi invité à interagir et donner son opinion tout au long de la campagne et même à poser des questions selon certains mots clés. Par exemple, en envoyant ” Iraq? ” au numéro abrégé OBAMA, il recevait une réponse sur la position d’Obama sur la question irakienne. L’utilisation de Twitter pour intensifier la relation et augmenter la proximité avec les ” influenceurs ” qui pouvaient suivre pas à pas la campagne et aussi faire preuve de transparence. Un site web mobile (obamamobile.mobi) a également été mis en place (désactivé malheureusement depuis la fin des éléctions) regroupant l’essentiel de l’expérience en ligne de la campagne optimisé sur un appareil mobile.

D’ailleurs, une campagne de vidéo mobile et de bannière mobile a été utilisée afin d’augmenter le traffic du site Web mobile lancé au mois d’août 2008. Selon une étude de JPMorgan publiée dans eMarketer (janvier 2009), 21% des abonnés mobiles naviguent activement sur le Web via leur téléphone cellulaire et ces Internautes mobiles sont souvent des ” influenceurs “. C’est pourquoi le site mobile de la campagne offrait des “call to action” attrayants et simples ainsi que du contenu mobile (vidéos) que les internautes mobiles pouvaient consulter et partager.

D’ailleurs, une application iPhone a même été conçue afin de faire “sortir le vote” le jour J des élections en considérant l’importance de chacun des états critiques. Les alertes SMS ont été utilisées également le jour des élections afin de “mobiliser” les électeurs et de les inciter à agir et à faire bouger leur entourage. Il est intéressant de noter qu’une étude américaine du New Voters Project publié en 2006 nous apprend que l’utilisation d’un rappel par message texte augmente le taux de participation d’environ 4% à un coût de 1,5$ vs 20$ à 30$ par téléphone ou encore par porte à porte. Ces résultats ont été confirmé par un nouveau test effectué lors du “supertuesday”.

- Mesurer en analysant dès le départ les résultats et l’efficacité des initiatives en rectifiant le tir au besoin.
Ceci-dit, l’équipe d’Obama n’a pas utilisé son électorat mobile uniquement pour lui demander de l’aide ou de l’argent, elle a su également le remercier, en utilisant l’aspect intime et instantané du mobile, en envoyant par exemple le message de remerciement suivant quelques minutes après la victoire :
“We-did-it-together”
“We just made history. All of this happened because you gave your time, talent and passion to this campaign. All of this happened because of you. Barack.”
Ou bien encore des messages inspirants comme celui-ci :
“Rosa sat so Martin could walk Martin walked so Barack could run Barack is running so our children can fly.” Ces messages ont eu une portée virale mobile incroyable à tel point qu’ils ont même été repris par certains blogues. Ceci amène à une des autres forces de la stratégie mobile qui est l’interaction avec les autres médias. En effet, le mobile n’était pas utilisé en silo et les stratèges n’hésitaient pas à amener les électeurs mobiles sur le Web, à la TV, etc…
Et après les élections !? Un gouvernement mobile !?
Que faire de cette base d’électeurs mobiles une fois les élections terminées et gagnées ? À l’instar, du tour de force réalisé avec la mise en place du site whitehouse.gov, le mobile a été utilisé avec ingéniosité pour “booster” la participation citoyenne, notamment lors de la journée d’inauguration, pour inciter au bénévolat et à l’action sociale collective grâce à une campagne SMS marketing qui était aussi une prémisse au lancement de USAservice.org . Pour faire vivre chaque instant le jour exceptionnel de l’inauguration, la population pouvait donner sa permission afin de faire partie d’une liste recevant des messages textes relatant les différents moments clés et des photos exclusives. L’enjeu sera donc de convertir cette liste d’électeurs mobiles engagés qui ont permis l’élection du président Obama en une “armée” de citoyens actifs prêts à être les connecteurs des politiques de changement de la nouvelle administration, et à s’exprimer et interagir presque en temps réel avec le pouvoir en place.

Pour résumer voici quelques points essentiels qu’il faut retenir :

  • Intégrer le mobile à l’ensemble de la stratégie marketing dès le départ
  • Personnaliser les stratégies mobiles
  • Offrir une réelle valeur ajoutée et être pertinent lorsqu’on utilise le mobile (il faut donner pour recevoir !)
  • Avoir le plus possible une perspective long terme
  • Utiliser les différents outils avec parcimonie et d’une manière optimale
Un autre point qu’il faut aborder avant de conclure est que la stratégie mobile d’Obama ne fournira certainement pas les mêmes résultats et n’aura pas la même portée pour d’autres politiciens (qui voudraient faire du mimétisme), ou bien encore pour les marques qui voudraient singer la stratégie interactive du nouveau président américain. Essentiellement parce que la crédibilité et le pouvoir d’attraction sont des notions extrêmement importantes lorsqu’on parle du marketing mobile, et que Barack Obama en déborde. Il faut être cohérent avec son positionnement et effectuer un exercice d’analyse avant de faire la planification stratégique de son marketing mobile.

One Response to “Stratégie marketing Obamobile”

  1. "Smart mobs" (foules intelligentes) : le mobile comme vecteur de liberté ! | txt-mktg conseils ! Says:

    [...] du pouvoir, et parfois faciliter la voie et l’accès à celui-ci (comme ce fut le cas pour Obama). Aujourd’hui je ne peux m’empêcher de penser au livre ” Smart mobs “ de [...]

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